Temps de lecture estimé : 6 minutes
Points clés à retenir
- IG bas sous 55, moyen 56-69, élevé dès 70
- La charge glycémique tient compte de la portion réelle
- Cuisson et maturité modifient fortement l’IG d’un aliment
- Pastèque : IG élevé mais charge glycémique faible
- Adapter le choix des aliments selon diabète, poids ou sport
Qu’est-ce que l’index glycémique
L’index glycémique mesure la vitesse à laquelle un aliment contenant des glucides fait monter la glycémie après le repas. L’échelle va de 0 à 100, avec le glucose pur comme référence à 100. Chez les patients que j’ai suivis, cette notion restait souvent floue, confondue avec la simple teneur en sucre. En laboratoire, on fait consommer à un groupe de volontaires une portion contenant 50 g de glucides purs, puis on mesure la glycémie toutes les 15 minutes pendant deux heures. Le résultat est comparé à celui obtenu avec le glucose pur ou le pain blanc selon les protocoles. Cette méthode explique pourquoi certains tableaux affichent des valeurs légèrement différentes d’une source à l’autre. L’IG d’un même aliment n’est jamais fixe. Il varie selon le mode de cuisson, la maturité, le degré de transformation industrielle et même l’association avec d’autres aliments dans l’assiette. C’est une donnée utile, mais elle demande d’être interprétée, pas simplement lue.
Ouvrir l’infographie en grandTableau complet des aliments par index glycémique
Le classement retenu par la majorité des sources de référence distingue trois tranches. L’IG bas se situe sous 55, l’IG moyen entre 56 et 69, et l’IG élevé à partir de 70. Voici un tableau de référence à garder sous la main.
| Catégorie | Aliments | IG approximatif |
|---|---|---|
| IG bas (< 55) | Lentilles, pois chiches, yaourt nature, pomme, carotte crue | 15 à 40 |
| IG moyen (56-69) | Riz basmati, pain complet, banane mûre, jus d’orange | 55 à 65 |
| IG élevé (> 70) | Pain blanc, pomme de terre cuite au four, riz blanc cuit longtemps, sodas | 70 à 95 |
Ce tableau n’a de valeur que si on l’utilise pour remplacer plutôt que pour interdire. À la place du pain blanc, un pain au levain ou complet suffit souvent à faire baisser la réponse glycémique du repas, sans changer les habitudes alimentaires en profondeur.
Index glycémique vs charge glycémique
L’IG seul donne une image incomplète. La charge glycémique (CG) intègre en plus la quantité réelle de glucides dans la portion consommée, ce qui la rend beaucoup plus utile au quotidien.
Formule : CG = (IG x glucides de la portion en grammes) / 100. Une CG inférieure à 10 est considérée comme basse, entre 11 et 19 comme moyenne, et à partir de 20 comme élevée.
La pastèque illustre bien ce décalage. Son IG dépasse 70, ce qui la classe parmi les aliments à IG élevé. Mais une portion de 150 g ne contient que 6 à 7 g de glucides, ce qui donne une CG proche de 5 — donc basse. À l’inverse, une carotte crue a un IG modeste, autour de 25 à 30. Une fois cuite longtemps, cet IG grimpe parfois jusqu’à 90, parce que la cuisson dégrade les fibres et facilite l’absorption des sucres. Sur une journée entière, on considère qu’une charge glycémique totale sous 80 reste basse, tandis qu’au-delà de 120 elle devient élevée.
Facteurs qui font varier l’index glycémique d’un aliment
Plusieurs paramètres modifient l’IG d’un même aliment, parfois du simple au double. Ce n’est pas anodin, et voici pourquoi cela mérite d’être connu avant de se fier à un chiffre unique.
- Cuisson : des pâtes al dente ont un IG plus bas que des pâtes trop cuites ; la pomme de terre au four grimpe plus haut que bouillie
- Maturité : une banane verte affiche un IG autour de 45, contre 60 à 65 une fois bien mûre
- Transformation : un abricot séché garde un IG proche du fruit frais, mais la déshydratation concentre les sucres par portion
- Association alimentaire : fibres, protéines et lipides ralentissent l’absorption des glucides et abaissent l’IG global du repas
Le riz illustre bien ce dernier point. Un riz basmati blanc affiche un IG moyen, autour de 55 à 60, alors qu’un riz blanc classique cuit longtemps dépasse souvent 70. La variété et le temps de cuisson comptent autant que la nature de l’aliment.
Comment utiliser ce tableau selon son objectif
Un tableau générique ne sert à rien s’il n’est pas adapté à un objectif précis. À adapter selon votre profil, voici trois lectures possibles du même document.
Pour un diabétique de type 2
La priorité va aux aliments à IG bas et à la charge glycémique par repas. Répartir les glucides sur la journée plutôt que les concentrer sur un seul repas limite les pics. Un avis médical ou diététique reste indispensable pour ajuster ces repères au traitement en cours.
Pour la perte de poids
Les aliments à IG bas favorisent une satiété plus durable, car ils évitent les hypoglycémies réactionnelles qui relancent la faim deux heures après le repas. Sans tomber dans l’excès, il s’agit surtout de privilégier les légumineuses et les légumes peu transformés au quotidien.
Pour la performance sportive
Avant un effort long, un aliment à IG moyen à élevé apporte de l’énergie rapidement disponible. Après l’effort, ce même profil d’IG aide à reconstituer les réserves de glycogène plus vite. C’est l’un des rares cas où l’IG élevé devient un atout plutôt qu’un point à limiter.
Aliments à IG bas à privilégier au quotidien
Certains aliments à IG bas sont faciles à intégrer sans bouleverser les habitudes. Voici ceux que je recommande le plus souvent en consultation.
- Légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots rouges
- Céréales complètes : quinoa, avoine, riz complet
- Fruits à faible impact : pomme, poire, agrumes entiers
- Substituts pratiques : pain au levain à la place du pain blanc, patate douce à la place de la pomme de terre au four
Erreurs fréquentes sur l’index glycémique
Trois erreurs reviennent régulièrement dans les questions que je reçois sur ce sujet. La première consiste à confondre l’IG avec la teneur en sucre total d’un aliment. Un aliment peu sucré au goût peut avoir un IG élevé, comme la pomme de terre. La deuxième erreur est d’ignorer la taille réelle de la portion consommée, ce qui fausse toute interprétation. La troisième est de se fier à l’IG seul sans jamais calculer la charge glycémique, ce qui conduit à écarter à tort des aliments comme la pastèque ou la carotte crue.
Je l’ai testé moi-même avant de vous en parler : croiser IG et charge glycémique change concrètement la façon de composer une assiette. Concrètement, voici ce qu’il faut retenir du tableau aliments index glycémique : il n’a de sens que lu avec la portion réelle et l’objectif de chacun.



