Temps de lecture estimé : 6 minutes
Points clés à retenir
- Bourrache : 20-24% de GLA, deux à trois fois plus que l’onagre (8-10%)
- Peau : 500 à 1500 mg/jour ; SPM : 1000-2000 mg/jour sur 3 cycles
- Ménopause : 2000-3000 mg/jour en cure continue de 1 à 3 mois
- Arrêt 15 jours avant chirurgie, prudence avec anticoagulants
- Cure globale de 3 à 6 mois, pause de 2 semaines avant renouvellement
Onagre et bourrache, deux huiles complémentaires
L’onagre et la bourrache sont deux plantes dont on extrait l’huile par pression à froid des graines. La première, originaire d’Amérique du Nord, produit de petites fleurs jaunes ; la seconde, une plante européenne aux fleurs bleu vif, était autrefois utilisée en cuisine avant qu’on s’intéresse à ses graines.
Ce qui rapproche ces deux huiles, c’est leur richesse en acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras oméga-6 rare dans l’alimentation courante. Le corps le fabrique en petite quantité à partir de l’acide linoléique, mais cette conversion diminue avec l’âge et le stress. Dans mon expérience de terrain, c’est justement ce déficit en GLA que beaucoup de patientes cherchent à combler, sans toujours savoir laquelle des deux huiles choisir.
On les associe souvent dans un même complément parce qu’elles se complètent plus qu’elles ne se substituent l’une à l’autre. La bourrache apporte une dose concentrée de GLA, l’onagre un profil plus doux et mieux documenté sur la durée.
Ouvrir l’infographie en grandDifférences entre huile d’onagre et huile de bourrache
La différence majeure tient à la concentration en GLA. L’huile de bourrache en contient entre 20 et 24 %, contre 8 à 10 % pour l’huile d’onagre, selon les données compilées par Herbolistique et LivingVital. Autrement dit, la bourrache est deux à trois fois plus riche en GLA que l’onagre, un ratio confirmé par Physalis Health.
Pour situer l’onagre parmi les huiles végétales à GLA, Nutripure rapporte une teneur moyenne de 8 %, à comparer aux 15 % de l’huile de cassis. L’onagre reste donc dans la moyenne basse, ce qui explique pourquoi les formules combinées existent : un produit Amoseeds affiche par exemple 14,5 % de GLA par capsule grâce à ce mélange.
La bourrache se distingue aussi par sa teneur en acide linoléique et en vitamines A, D et K, ce qui lui donne un intérêt supplémentaire pour la peau. Concrètement, voici ce qu’il faut retenir : je privilégie la bourrache seule quand l’objectif est une action rapide et concentrée, l’onagre seule pour une cure longue et douce, et le combiné quand on vise plusieurs bénéfices à la fois.
Bienfaits pour la peau et le vieillissement cutané
Le GLA participe à la synthèse des prostaglandines, des molécules impliquées dans la régulation de l’inflammation cutanée. C’est ce mécanisme qui explique l’intérêt de ces huiles sur les peaux sèches, matures ou sujettes à l’atopie.
La chaîne Doctissimo détaille en vidéo comment utiliser concrètement l’huile d’onagre en phytothérapie.
Sans tomber dans l’excès, je l’ai testé moi-même avant de vous en parler : sur une peau très sèche en hiver, une cure d’huile d’onagre en capsules apporte un confort réel en quelques semaines, sans effet miracle du jour au lendemain.
Certaines études suggèrent un intérêt en accompagnement de l’eczéma et du psoriasis, mais les données restent hétérogènes selon les protocoles. Le rôle antioxydant, lui, est mieux établi et contribue à limiter le stress oxydatif impliqué dans le vieillissement cutané.
Bienfaits pour le confort féminin et le cycle hormonal
C’est l’usage le plus documenté dans la littérature de vulgarisation, à condition de rester prudent sur l’ampleur réelle des effets. Le GLA agirait sur la synthèse de prostaglandines impliquées dans les douleurs et l’inflammation liées au cycle.
Syndrome prémenstruel (SPM)
Pour le SPM, Secrets de Miel recommande 1000 à 2000 mg par jour, débutés 15 jours avant les règles et poursuivis sur trois cycles pour juger de l’efficacité. Ce n’est pas anodin, et voici pourquoi : un effet hormonal doux met du temps à s’installer, une cure d’un seul cycle ne suffit généralement pas à évaluer le bénéfice.
Périménopause et ménopause
Pour la ménopause, les dosages montent à 2000 à 3000 mg par jour, en cure continue de un à trois mois. Onatera situe la fourchette globale du confort féminin entre 1000 et 2000 mg, pouvant aller jusqu’à 4000 mg selon l’intensité des symptômes et l’avis du praticien.
Autres bienfaits : articulations et santé cardiovasculaire
L’effet anti-inflammatoire du GLA est aussi étudié sur les douleurs articulaires légères, notamment dans un contexte de polyarthrite débutante. Les résultats cliniques restent toutefois modestes et variables d’une personne à l’autre.
Sur le plan cardiovasculaire, quelques travaux évoquent un impact favorable sur le cholestérol, via la modulation des acides gras circulants. Petit rappel utile : ces effets sont mineurs comparés à ceux d’une alimentation adaptée et d’une activité physique régulière, et ne remplacent aucun traitement prescrit.
Les preuves scientifiques disponibles sur ces deux usages restent limitées en nombre et en puissance statistique. Je recommande donc de les considérer comme un appoint, jamais comme une solution isolée.
Posologie et durée de cure recommandées
Les dosages varient nettement selon l’objectif visé. Voici les repères que je donne le plus souvent en consultation :
- Peau : 500 à 1500 mg d’huile par jour
- Confort féminin (SPM) : 1000 à 2000 mg/jour, 15 jours avant les règles, sur 3 cycles
- Ménopause : 2000 à 3000 mg/jour en cure continue de 1 à 3 mois
- Articulations et cardiovasculaire : dosages similaires au confort féminin, à ajuster avec un professionnel
Côté forme galénique, les capsules restent plus pratiques et mieux dosées que l’huile liquide, souvent instable à l’air libre. Terravita conseille généralement 2 à 4 capsules par jour selon la concentration du produit choisi.
La durée de cure globale s’étend sur 3 à 6 mois, avec une pause de deux semaines avant de renouveler. À adapter selon votre profil : une peau très sèche en hiver ne demande pas la même régularité qu’un inconfort prémenstruel ponctuel.
Précautions d’emploi et contre-indications
Ces huiles ne sont pas anodines malgré leur origine végétale. Elles sont déconseillées pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données de sécurité suffisantes, et chez les enfants de moins de 12 à 18 ans selon les sources consultées (Nutri&Co, Compagnie des Sens).
Toute prise d’anticoagulants ou de traitement hormonal doit être signalée à un médecin avant de démarrer une cure d’onagre ou de bourrache : le GLA peut interagir avec ces molécules.
Pharma GDD recommande d’arrêter la prise 15 jours avant une intervention chirurgicale ou dentaire, en raison d’un risque théorique de saignement accru. En cas de surdosage, les effets secondaires rapportés restent digestifs : nausées, maux de tête, troubles intestinaux légers.
Comment choisir son complément onagre bourrache
Trois critères font la différence entre un produit sérieux et une formule diluée :
- Label bio et mention de la pression à froid, seule méthode qui préserve le GLA
- Dosage en GLA affiché par capsule, pas seulement le poids total d’huile
- Ratio onagre/bourrache cohérent avec l’objectif visé (plus de bourrache pour une action rapide, plus d’onagre pour une cure longue)
Un produit mal formulé se repère facilement : absence de mention du pourcentage de GLA, huile raffinée plutôt que pressée à froid, ou dosage total trop faible pour espérer un effet. Ce n’est pas anodin, et voici pourquoi : sans ces informations, impossible de savoir si la cure a une chance de fonctionner. Se renseigner avant d’acheter reste le meilleur réflexe pour tirer un vrai bénéfice de l’onagre et de la bourrache.



