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Points clés à retenir
- Aucune étude clinique ne prouve que la créatine fait perdre les cheveux.
- L’étude de 2009 (20 hommes, 3 semaines) mesure la DHT sanguine, pas la chute.
- Méta-analyse ISSN 2021 et étude Lak 2025 : pas d’effet sur DHT ni densité.
- Test simple : arrêter 6 à 8 semaines et comparer des photos mensuelles.
- Rester à 3-5 g par jour, sans phase de charge.
La créatine fait-elle perdre les cheveux
La question de la créatine et de la perte de cheveux revient dans presque toutes les conversations de salle de sport. Je comprends l’inquiétude, car la chute de cheveux touche à l’image de soi.
À ce jour, aucune étude clinique n’a démontré que la créatine provoque une calvitie. Le doute vient surtout d’une confusion entre corrélation et causalité : beaucoup d’hommes commencent la créatine entre 20 et 35 ans, l’âge où l’alopécie androgénétique se déclare aussi.
Le sujet reste débattu parce qu’une étude ancienne a mesuré une hausse d’hormone, et que ce chiffre circule sans son contexte.
Ouvrir l’infographie en grandL’étude de 2009 sur la DHT, ce qu’elle montre
Tout part de l’étude de van der Merwe et al., publiée en 2009 dans le Clinical Journal of Sport Medicine. Elle a suivi des joueurs de rugby universitaires. Leur DHT (dihydrotestostérone) a augmenté de 56 % après une phase de charge de 7 jours. Elle restait 40 % au-dessus du niveau initial après 14 jours d’entretien.
Ces résultats ont pourtant des limites. L’échantillon compte 20 hommes et l’étude a duré 3 semaines. Elle n’a pas été reproduite, et elle mesure la DHT dans le sang, pas sur le cuir chevelu.
Surtout, une hausse de DHT ne prouve pas une perte de cheveux. Cette hormone n’abîme les follicules que chez les personnes génétiquement sensibles, et l’étude n’a mesuré aucune chute.
Ce que révèlent les études plus récentes
La méta-analyse de l’ISSN (International Society of Sports Nutrition), publiée en 2021 sur 12 études cliniques, ne trouve aucune preuve d’un lien durable entre créatine et DHT.
L’étude randomisée et contrôlée de Lak et al. (2025) va dans le même sens. Elle ne montre aucun effet significatif sur la DHT, ni sur la densité capillaire mesurée par trichogramme et système FotoFinder.
Le consensus actuel est donc clair : la créatine n’est pas un facteur de calvitie démontré. Ce n’est pas une preuve d’innocuité absolue pour chacun, mais le risque théorique reste sans confirmation clinique.
Pourquoi certains utilisateurs constatent une chute
Certains lecteurs voient pourtant leurs cheveux tomber. Trois explications sont plausibles :
- La prédisposition génétique à l’alopécie androgénétique, qui se déclenche entre 20 et 35 ans avec ou sans créatine.
- Le shedding télogène, une chute diffuse et temporaire liée au stress, à un régime restrictif ou à un entraînement intensif.
- Le hasard du calendrier, quand la supplémentation débute au moment où la calvitie s’installe.
Sur Reddit (r/tressless, 2026), des utilisateurs rapportent un shedding environ 1 semaine après le début de la créatine, puis un retour à la normale 2 à 3 semaines après l’arrêt. Ce sont des témoignages, pas des données cliniques.
Comment savoir si c’est la créatine ou autre chose
Pour objectiver le doute, je conseille une auto-observation simple, en trois points :
- Le timing : notez la date de début de la chute et celle du début de la créatine. Une chute qui précède la supplémentation écarte la créatine.
- Les antécédents familiaux : un père ou un grand-père du côté maternel touché par la calvitie augmente nettement le risque génétique.
- Le type de chute : une chute diffuse sur tout le cuir chevelu évoque un shedding. Un recul des golfes temporaux ou un éclaircissement du sommet évoque une alopécie androgénétique.
Prenez aussi des photos du cuir chevelu, à la même lumière, une fois par mois. Elles valent mieux que la mémoire.
Que faire si vous êtes inquiet pour vos cheveux
Si le doute vous gêne, arrêtez la créatine 6 à 8 semaines et observez. Si la chute ralentit, un shedding est probable. Si elle continue au même rythme, la créatine n’y est sans doute pour rien.
Évitez les phases de charge. Dans l’étude de 2009, la hausse de DHT a été mesurée après une charge, avec des doses de l’ordre de 25 g par jour. Rien ne l’impose : la dose d’entretien suffit.
Si la chute dépasse trois mois, ou si des zones se dégarnissent, consultez un dermatologue. Il peut faire un trichogramme et poser un diagnostic précis.
Créatine et cheveux, peut-on concilier les deux
Oui, dans la plupart des cas. Je reste sur 3 à 5 g par jour de créatine monohydrate, sans charge, ce qui est le repère standard en phase d’entretien.
Si votre famille est touchée par la calvitie, ajoutez un suivi capillaire : photos mensuelles et avis médical à la moindre zone suspecte. Le sommeil, l’apport en protéines et en fer comptent aussi pour la santé du cuir chevelu, et un déficit calorique trop sévère fait tomber les cheveux bien plus sûrement que la créatine.
Sur le sujet de la créatine et de la perte de cheveux, les données actuelles permettent donc de continuer sereinement, avec un peu d’observation.
Questions fréquentes
La perte de cheveux liée à la créatine est-elle réversible si j’arrête ?
Si la chute est un shedding télogène, elle est réversible : les témoignages rapportent une régression en 2 à 3 semaines après l’arrêt, mais ils restent anecdotiques. Si elle relève d’une alopécie androgénétique, l’arrêt ne la fait pas régresser, puisque la cause est génétique. Dans ce cas, un dermatologue peut proposer un traitement adapté.



